

Nous commençons maintenant à circuler sur ces routes secondaires que nous aimons tant, nous les motards, étroites, tranquilles et pensées davantage pour relier les villages que pour la circulation rapide. Dans ce cas, nous empruntons la M506, une route locale qui nous plonge d’emblée dans le paysage rural du Minho .
Une constante tout au long d’A Rota 18 est la rareté des bornes kilométriques, chose très courante au Portugal. Ce n’est pas un problème, puisque nous roulons en suivant le tracé GPS, ce qui nous permet d’oublier les repères et de nous concentrer uniquement sur le plaisir du cadre et du tracé.
Après un peu plus de 2 km de route secondaire, nous arrivons à Friestas, où nous trouvons un carrefour en T signalé par un STOP. Ici, nous tournons à droite et, à peine quelques mètres avant le carrefour, une borne en pierre nous annonce l’entrée dans la freguesia de Sanfins un détail très caractéristique de cette région.
À partir d’ici, la route commence à onduler en douceur, alternant petites montées et descentes tandis que nous enchaînons de larges virages entre des maisons dispersées, des exploitations agricoles et des sections de >pinèdes et d’eucalyptus, où l’ombre accompagne une bonne partie du parcours.
Le tracé devient de plus en plus agréable et fluide, avec par endroits une légère descente taillée dans le flanc de la colline, idéale pour rouler à rythme constant et sans se presser. Un tronçon simple, très authentique, parfait pour se mettre pleinement en jambes avant que l’itinéraire ne s’ouvre vers des paysages plus vastes.

Nous quittons les abords de Sanfins pour poursuivre sur une route secondaire qui commence nettement à changer de caractère. La route se rétrécit un peu davantage et commence à prendre de l’altitude de manière soutenue, en s’enfonçant dans une zone de maquis et de végétation atlantique, où le paysage s’ouvre peu à peu.
Au fil de la progression, nous laissons derrière nous les derniers hameaux dispersés et roulons entre des versants couverts de broussailles, des affleurements granitiques et des eucalyptus, avec des virages de plus en plus amples et un tracé très fluide. À ce stade, on sent déjà que nous montons vers une zone plus élevée, avec des vues toujours plus dégagées sur la vallée [LI: belvédères naturels sur la vallée].
À l’un des points hauts du tronçon, le paysage se dégage et des éoliennes apparaissent sur les crêtes voisines, une image très caractéristique de cette partie du Portugal [LI: parcs éoliens du Minho]. Depuis ici, la route se laisse légèrement descendre sur le flanc, nous offrant de longues descentes très agréables, toujours avec la vallée en vue.
Plus loin, l’environnement se referme à nouveau et nous pénétrons dans une zone boisée plus dense, où le tracé serpente entre les arbres et les ombres, avec un asphalte en bon état et un rythme idéal pour profiter sans se presser. C’est un tronçon particulièrement beau, très silencieux et avec une sensation d’isolement.
Avant la fin du tronçon, la route s’adoucit de nouveau, en enchaînant de larges virages bien dégagés à mesure que nous nous approchons des prochains noyaux ruraux, complétant ainsi un parcours varié qui combine altitude, panoramas et forêt, et qui constitue l’un des premiers grands changements de paysage de l’étape.















































